Sciences, société et pouvoirs du XVe siècle au XVIIIe siècle

 

Ce cours revient à la lumière d’une historiographie profondément renouvelée sur la révolution scientifique dont le XVIIe siècle a formé le cœur. Du XVe siècle au XVIIIe, les acteurs, les lieux, les méthodes et les pratiques des sciences ont connu d’importantes transformations. La révolution copernicienne et galiléenne (le passage du géocentrisme à l’héliocentrisme) et la synthèse newtonienne s’accompagnent d’une révolution organisationnelle dont témoigne la création de nouveaux supports de diffusion et de communication (imprimés, correspondances, périodiques, cercles savants puis académies). L’émergence du laboratoire comme lieu de science emblématise le triomphe de la méthode expérimentale qui rompt avec la scolastique médiévale tandis que de nombreuses branches du savoir connaissent une mathématisation croissante. L’époque est ainsi marquée par la professionnalisation de la figure du savant, sous le regard d’États qui recourent de plus en plus à l’expertise civile et militaire. Mais ce grand récit est celui des vainqueurs de l’histoire et se focalise sur les sciences à dominante physico-mathématique, lesquelles dominent la hiérarchie des savoirs à partir du XVIIIe siècle : ce cours abordera les savoirs vernaculaires, les pratiques artisanales qui nourrissent en coulisses bien des héros de la révolution scientifique, ou encore les savoirs progressivement relégués hors de la science (paracelsianisme, alchimie, astrologie). On s’attachera également à montrer ce que les carrières savantes doivent au patronage, puis de manière graduelle, à l’émergence d’un public qui ne limite pas aux bornes des salons aristocratiques. Il s’agira en somme de proposer une histoire sociale, culturelle et politique de la révolution scientifique, composante essentielle de l’avènement de la modernité européenne.

Mots Clés : Sciences, Modernité, Newton, Galilée, Paracelse, Alchimie, Astrologie, Expérience

Enseignant tuteur : Aurélien Ruellet